mercredi 11 octobre 2017

Le soir d'une punition - Episode 8

Mona était là, dans le séjour, silencieuse.
J’étais dans ma chambre, debout, adossé au mur près de la porte que j’avais laissée entre-ouverte afin d'épier le moindre son et y percevoir ce qu’elle faisait.
J’avais aimé observer cette femme s’avancer dans le jardin vers la punition qu’on lui avait promise.
En se fermant, la porte avait sonné les trois coups de la pièce que nous allions écrire ensemble. Ses pas dans l’escalier semblaient hésitants et elle avait marqué une pause en arrivant dans le séjour.
J’ai pensé qu’elle prenait une grande inspiration en même temps qu’elle découvrait le théâtre de sa punition à venir. Il me semble qu’elle posa ensuite ses affaires sur le canapé avant de saisir la lettre que j’avais laissée sur la chaise.

J’avais passé le début de la soirée à parfaire notre rendez-vous. En passant à la superette près de la gare j’avais acheté du mixa-bébé, du chocolat et une boite de préservatifs.
***
Le sexe n’est pas un « passage obligé » pour moi. Prendre le contrôle des fantasmes secrets de l’aventurière qui vient à ma rencontre m’est un plaisir intense dont je sais me satisfaire sans y ajouter l’acte sexuel.
Obtenir qu’elle lâche prise nécessite d’en découvrir le chemin et j’ai le goût de cette exploration ; d’abord prendre le temps de débusquer en elle le désir, en suggérant les images de ce qui pourrait hanter ses nuits onaniques. Puis, percevoir dans le contraste de ses réactions ce qui la déstabilise et la trouble. Alors seulement, si on aime cette femme au plus près de ce qu’elle nous dévoile, si elle le sent autant qu’elle se sent comprise et acceptée pour ce qu’elle est et ce qu'elle aime, alors elle nous ouvre les portes, parce que l’envie est sourde à la raison quand on la déchaine. 
J’aimais trouver la clé de cette envie.
Le sexe n’est pas un « passage obligé » mais voilà, parfois l’aventurière en me dévoilant son âme et son corps, me place sous son emprise et c’est l’arroseur qui est arrosé. J’ai beau résister, c’est une envie bestiale qui me convoque et rend solubles mes manières d’homme.
Et, parce qu’il n’y a pas d’autre apaisement que de posséder cette femme jusqu'au plus profond de son sexe, parce qu’il faut qu’elle m’y invite en ressentant aussi cette urgence, je patiente en attendant qu’elle me libère.

Je pressentais que Mona allait me ramener à ma condition animale. Elle me dévoilerait son goût pour la contrainte et l’Obéissance, je lui montrerai avec une douce fermeté le chemin du lâcher-prise jusqu’au moment où, sous dépendance, je n’aurai d’autre issue que celle de fusionner en elle et de me soumettre à ce qu’elle aura déchainé en moi.
***
En rentrant j’avais épuré le séjour en le débarrassant de tout ce qui le traverse au quotidien, l’ambiance était chaleureuse et la mer n’était pas loin. What else. J’avais posé en évidence sur la table Cinglant, un martinet noir dont les dix lanières savaient se montrer sévères quand il le fallait. J’espérais qu’elle le verrait en arrivant.

Ensuite, j'étais resté longuement sous une douche brulante pour me délasser en écoutant une playlist.
Une fois séché, J’avais passé un ensemble noir composé d’un kilt, d’une chemise et d’un gilet. En plus de faire son petit effet, cette tenue avait de nombreux avantages…
Le moment venu, je rejoignais ma chambre pour veiller son arrivée.

Maintenant, Mona était là, encore plongée dans la lecture des consignes laissées sur la chaise…


samedi 7 octobre 2017

Balade au bord de l'eau - Episode 7

Comme il lui avait indiquait, un texto précisa les consignes complémentaires pour le rendez-vous du soir.
Elle connaissait le quartier. Elle en fréquentait régulièrement la plage de sable, le week-end ou parfois entre midi et deux.
Quand il lui avait donné l’adresse, elle réalisa que l’extérieur de la villa de bord de mer où ils se retrouveraient le soir ne lui était pas étranger. Elle passait souvent devant cette maison. Etait-ce un signe ?
Le texto disait :
« Mademoiselle, ne sonnez pas ! La porte sera ouverte, poussez là. Prenez l’escalier, il vous mènera dans une jolie pièce avec une vue sur la mer. Il y aura une enveloppe sur une chaise. Vous saurez quoi en faire. Tenue accessible de rigueur ! Soyez à l’heure »

La pression venait de monter d’un cran. Elle avait peur mais c’était excitant. Que risquait-elle ?
Elle appela Emilie, son amie d’enfance, pour évoquer ce qu’elle s’apprêtait à faire et lui dire où elle allait. Emilie était sa confidente, elles se retrouvaient régulièrement en ville pour déjeuner ou prendre un café. Forcément, Emilie connaissait tout de la piquante relation épistolaire que Mona entretenait depuis des mois. De plus le tempérament fonceur de cette commerciale reconnue, ne fit que conforter Mona dans le choix de cette petite folie qu’elle s’apprêtait à commettre avec ce quasi inconnu. L’échange se conclue par un : « vas-y, fonce, si demain j’ai pas de nouvelle, je lui envoie le RAID ! ». Elle raccrochera et finit de se préparer.

Le soir, quand elle passa le grand portail ouvert de la maison en direction de la porte d’entrée, la nuit allait bientôt tomber et le jardin était déjà éclairé. Elle ouvrit à peine la porte et se faufila par l’ouverture avant de la refermer rapidement, comme si elle avait peur d’être vue. L’intérieur était meublé dans un style contemporain et épuré, le blanc dominait, seuls le hall et l’étage étaient éclairés.
Lentement elle monta l’escalier qui menait à un grand grand salon dont tout un mur était vitré et donnait sur la mer avec une vue panoramique. Le blanc dominait toujours, un éclairage indirect et doux rendait la pièce chaleureuse.
Elle réalisa que ces mains étaient jointes et que toute son allure était empruntée. Sa bouche était sèche. « Mais qu’est-ce que tu es en train de faire, ma pauvre fille » se dit-elle avec un brin d’autodérision.
La chaise dont il avait parlée était au centre de la pièce avec, sur son siège, une enveloppe sur laquelle était inscrit son prénom.
Elle l’ouvrit pour la lire.



lundi 4 septembre 2017

Balade au bord de l'eau - Episode 6

J’ai donc pris ce verre avec Mona. Elle s’était enveloppée dans un paréo car le lieu était « habillé ». Curieusement ce paréo dévoilait bien plus que sa nudité. En lui serrant la taille, il mettait l’accent sur sa cambrure et la rondeur de son cul. Quant à ses seins, ils étaient prêts à jaillir sous la pression du tissu enroulé autour de son torse.
J’adorais l’idée de cette jeune femme sage d’ordinaire qui se dévergondait ainsi dans cette tenue suggestive.

Elle prit un mojito, c’était de saison. Moi je me contentais d’une bière bien fraiche.
Le début de notre conversation était décousu, elle n’était pas très à l’aise.
Je lui parlais d’abord de la région et de ma passion pour la navigation tandis qu’elle m’observait avec ses grands yeux verts.

Au moment de commander un deuxième mojito, je la sentis plus détendue.
-       Vous allez me manger monsieur le loup ?
-       Cela dépend de vous mademoiselle l’agnelle. Avez-vous envie d’être croquée ?
Elle sourit.
Elle me raconta alors la petite fille réservée qu’elle avait toujours été et qui avait longtemps caché en elle le sentiment coupable d’éprouver de l’excitation pour des situations où l'autorité et la contrainte prenaient le dessus.
La fessée la troublait depuis sa petite enfance et elle se souvenait encore de cette soudaine fébrilité qui l’enveloppa la première fois qu'elle assista à la punition d'une camarade d'école.
Elle me raconta ses premiers émois en lisant la comtesse de Ségur et ses principes éducatifs.
Longtemps elle s’était crue anormale, habitée par une obsession déviante. Puis à l’adolescence, en découvrant certains forums sur internet, ce fût une délivrance quand elle comprit qu’elle n’était pas la seule.
Depuis, elle s’était nourrie de l’expérience des autres en lisant les récits. Elle avait eu quelques échanges virtuels mais n’avait jamais franchi le cap de la rencontre jusqu’à aujourd’hui.
-       Et vous Monsieur le loup, depuis combien de temps flirtez-vous avec les petits chaperons rouges ?
-       Et bien justement ! à cinq ans, pendant les repas de famille, je récitais dans un baragouinage appliqué, debout sur une chaise, cette fable du petit chaperon rouge. Autant dire que j’étais prédestiné...
Elle rit et reprit:
-       Qu’allez-vous faire de moi ?
-       Je vais vous punir voyons, vous l’avez mérité en contournant mes consignes.
-       Vous allez me faire mal ?
-       Mademoiselle, une correction doit être juste et forcément suffisamment sévère pour que vous vous sentiez punie.
-       Mais ce sera une première pour moi.
-       Ne commencez pas à négocier, vilaine, ça ne marchera pas avec moi et ça ne fera qu’empirer votre cas, lui rétorquai-je avec un grand sourire.
En se mordant la lèvre, elle resta silencieuse en détournant le regard vers la mer.
J’en profitais pour lui donner l’heure à laquelle je l’attendrai en lui précisant qu’elle aurait ses dernières consignes par texto juste avant.

Les yeux tournés vers l’horizon, elle sourit légèrement en murmurant un petit 'c'est bien noté, monsieur' qui me mit aussitôt à l’étroit dans mon maillot….